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Le bon sens appartient à ceux qui s'opposent au copyright, car le débat n'a jusqu'ici été défini qu'en termes extrêmes - comme un grand soit ceci/soit cela : soit la propriété soit l'anarchie, soit un contrôle total soit les artistes ne seront pas payés. Si le choix est vraiment de cette nature, alors les opposants au copyright devraient l'emporter.
L'erreur consiste ici à négliger des positions médianes. Il y a des extrêmes dans ce débat mais il n'y a a pas qu'eux. Il y a ceux qui croient en un copyright maximal - "Tous droits réservés" - et ceux qui le rejettent - "Libre de droits". Les partisans du "Tous droits réservés" soutiennent que toute "utilisation" d'une oeuvre soumise à copyright devrait d'abord faire l'objet d'une autorisation. Les promoteurs du "Libre de droits" pensent que vous devriez pouvoir exploiter le contenu à votre guise, que vous en ayez la permission ou non.
À sa naissance, l'architecture de l'Internet s'est dans les faits rattachée à l'approche "libre de droits". Le contenu pouvait être copié fidèlement et facilement; les droits ne pouvaient être aisément contrôlés. Ainsi, indépendamment du souhait de qui que ce soit, le régime effectif du copyright associé à la structure d'origine de l'Internet relevait du "Libre de droits". Le contenu était "exploité" quels qu'en soient les droits. Tout droit était dans les faits non protégé.
Ce caractère originel engendra une réaction (opposée quoique pas de même intensité) de la part des détenteurs de copyright. Cette réaction a fait l'objet de ce livre. À travers la législation, le contentieux et les changements dans la conception du réseau, les détenteurs de copyright ont été capables de changer le caractère essentiel de l'environnement de l'Internet originel. Si l'architecture originelle faisait que le régime effectif était "Libre de droits", l'architecture future faira que le régime effectif est "Tous droits réservés". L'architecture et la loi qui entourent la conception d'Internet produiraont de plus en plus un environnement où toute utilisation de contenu requiérera une permission. Le monde "copier-coller" qui définit Internet aujourd'hui deviendra un monde "obtenir la permission de copier-coller" qui est un cauchemar de créateur.
Ce qu'il faut, c'est un moyen de dire quelque chose entre les deux, ni "tous droits reservés" ni "aucun droit reservé", et ainsi une façon de respecter les copyrights tout en permettant aux auteurs de liberer les droits comme ils le souhaitent. En d'autres termes, nous avons besoin de rétablir un ensemble de libertés que nous tenions pour acquises auparavant.
Reconstruire les libertés auparavant présumées: exemples
Si vous prenez du recul par rapport à la bataille que j'ai décrite ici, vous reconnaitrez ce problème à partir d'autres contextes. Pensez à la vie privée. Avant Internet, la plupart d'entre nous n'avait pas beaucoup à se soucier à propos des données sur notre vie que nous diffusions au monde entier. Si vous entriez dans une librairie et que vous fouilliez parmi les oeuvres de Karl Marx, vous n'aviez pas besoin de vous embêter à expliquer vos habitudes à vos voisin ou à votre chef. La "vie privée" de vos habitudes état assurée.
Qu'est-ce qui l'assurait?
Eh bien, si nous pensons en termes des modalités que j'ai décrites dans le chapitre 10, votre vie privée était assurée à cause d'une architecture inefficace pour rassembler des données et ainsi à cause d'une contrainte du marché (le cout) sur quiconque voulait rassembler ces données. Si vous étiez un espion suspecté pour la Corée du Nord, travaillant pour la CIA, il ne fait pas de doute que votre vie privée ne serait pas assurée. Mais c'est parce que la CIA trouverait (nous l'espérons) valable le fait de dépenser des milliers requis pour vous dénicher. Mais pour la plupart d'entre nous (là encore, nous l'espérons), l'espionnage ne paie pas. L'architecture hautement inefficace de l'espace réel signifie que nous jouissons tous d'une quantité robuste de vie privée. Cette vie privée nous est guarantie par la friction. Pas par la loi (il n'y a pas de loi protégeant la "vie privée" dans les espace publics), et dans de nombreux endroits, pas par les normes (les fouineries et les potins sont trop amusantes), mais à la place, par les couts que la friction impose sur quiconque voudrait espionner.
Arrive Internet, où le cout pour surveiller la navigation en particulier est devenu assez minime. Si vous êtes un client d'Amazon, alors tandis que vous consultez les pages, Amazon collecte les données sur ce que vous avez regardé. Vous le savez car sur un coté de la page, il y a une liste des pages "récemment consultées". Maintenant, à cause de l'architecture du Net et de la fonction des cookies sur le Net, il est plus facile de collecter des données que pas. La friction a disparu, et ainsi toute forme de "piratage" protégé par la friction disparait, également.
Amazon, bien sûr, n'est pas le problème. Mais nous pourrions commencer à nous inquiéter à propos des bibliothèques. Si vous êtes un de ces gauchistes fous qui pensent que le gens devraient avoir le "droit" de chercher dans une bibliothèque sans que le gouvernement sache quels livres vous regardez (et je suis aussi un de ces gauchistes) alors ce changement dans la technologie de surveillance pourrait vous préoccuper. Si il devient simple de rassembler et de classer qui fait quoi dans les espaces électroniques, alors la vie privée d'hier induite par la friction disparait.
C'est cette réalité qui explique la campagne de nombreuses personnes pour définir la "vie privée" sur Internet. C'est la reconnaissance que la technologie peut enlever ce que la friction nous donnait auparavant qui pousse de nombreuses personnes à militer pour des lois pour faire ce que la friction faisait1. Et que vous soyiez en faveur de ces loi ou pas, c'est le motif qui est important ici. Nous devons faire des étapes affirmatives pour sécuriser un type de liberté qui était passivement fourni auparavant. Un changement dans la technologie force maintenant ceux qui croient en la vie privée à agir affirmativement où, auparavant, la vie privée était donnée par défaut.
Une histoire similaire pourrait être racontée sur la naissance du mouvement du logiciel libre. Quand les ordinateurs avec logiciels furent mis à disposition commercialement pour la première fois, le logiciel - à la fois le code source et les binaires - était libre. Vous ne pouviez pas faire tourner un programme écrit pour une machine Data General sur une machine IBM, donc Data General et IBM ne se préoccupaient pas de contrôler leur logiciel.
C'était le monde dans lequel était né Richard Stallman, et alors qu'il était chercheur au MIT, il s'est attaché à aimer la communauté qui s'est développée quand on était libre d'explorer et de bricoler le logiciel qui tournait sur les machines. Étant lui-même d'un genre malin, et un programmeur talentueux, Stallman s'était habitué à dépendre de la liberté d'ajouter et de modifier le travail d'autres personnes.
Dans une configuration universitaire, tout du moins, ce n'est pas une idée terriblement radicale. Dans une section de mathématiques, quiconque était libre de bricoler une preuve que quelqu'un offrait. Si vous aviez une meilleure manière de prover un théorème, vous pouviez prendre ce que quelqu'un d'autre avait fait et le changer. Dans une section d'humanité, si vous croyiez que la traduction faite par un collègue d'un texte récemment découvert est imparfaite, vous étiez libre de l'améliorer. Ainsi, pour Stallman, il semblait évident que vous soyiez libre de bricoler et d'améliorer un code qui tournait sur une machine. Ceci, également, était de la connaissance. Pourquoi ne serait-il pas ouvert à la critique comme quoi que ce soit d'autre?
Personne n'a répondu à cette question. À la place, l'architecture des ventes pour l'informatique a changé. Comme il est devenu possible d'importer des programmes d'un système à un autre, il est devenu économiquement attractif (au moins aux yeux de certains) de cacher le code de votre programme. De même que les compagnies commençaient à vendre des périphériques pour des systèmes mainframes. Si vous pouviez juste prendre le pilote de votre imprimante et le copier, alors cela serait plus facile pour moi de vendre une imprimante au marché que ça le serait pour vous.
Ainsi, la pratique du code propriétaire commença à se répandre, et au début des années 1980, Stallman s'est trouvé entouré de code propriétaire.
Le monde du logiciel libre avait été effacé par un changement dans l'économie de l'informatique. Et comme il le croyait, si il n'y faisait rien, alors la liberté de changer et de partager le logiciel serait fondamentalement affaiblie.
Ainsi, en 1984, Stallman commença un projet pour construire un système d'exploitation libre, afin qu'au moins une souche de logiciel libre survive. C'était la naissance du projet GNU, dans lequel le noyau "Linux" de Linus Torvald a été ajouté pour produire le système d'exploitation GNU/Linux.
La technique de Stallman était d'utiliser la loi du copyright dans un monde de logiciel qui devait être gardé libre. Le logiciel contracté sous la GPL de la Free Software Foundation ne peut pas être modifié et distribué à moins que le code source de ce logiciel soit rendu également disponible. Ainsi, quiconque réutilisant un logiciel sous GPL doit rendre sa réutilisation libre également. Cela assurerait, croyait Stallman, qu'une écologie de code se développerait en restant libre pour que d'autres la réutilise. son but fondamental était la liberté; le code créatif innovateur était un effet secondaire.
Stallman faisait ainsi pour le logiciel ce que les défenseurs de la vie privée font maintenant pour la vie privée. Il cherchait un moyen de reconstruire une sorte de liberté qui était prise pour acquise auparavant. À travers l'utilisation affirmative de licences qui lient du code sous copyright, Stallman récupérait affirmativement un espace où le logiciel libre survivrait. Il protégeait activement ce qui était auparavant passivement garanti.
Finalement, considérez un exemple très récent qui résonne plus directement avec l'histoire de ce livre. C'est le changement dans la manière dont les journaux universitaires et scientifiques sont produits.
Alors que les technologies numériques se développaient, il devint évident pour beaucoup qu'imprimer des milliers de copies de journaux chaque mois et les envoyer aux bibliothèques n'était peut-être pas la manière la plus efficace de distribuer la connaissance. Au lieu de cela, les journaux deviennent de plus en plus électroniques, et les bibliothèques et leurs utilisateurs se voient donner l'accès à ces journaux électroniques à travers des sites protégés par mot de passe. Quelque chose de similaire à ceci est arrivé à la loi pendant presque trente ans: Lexis et Westlaw avaient des version électroniques de rapports d'affaires disponibles pour les membres de leur service. Bien qu'une opinion de la Cour Suprême ne soit pas sous copyright, et que quiconque soit libre d'aller dans une bibliothèque et de la lire, Lexis et Westlaw sont également libres de faire payer les utilisateurs pour le privilège d'obtenir l'accès à cette opinion de la Cour Suprême à travers leurs services respectifs.
Il n'y a rien de mal en général avec cela, et en effet, la possibilité de faire payer l'accès même à du contenu du domaine public est une bonne incitation pour que gens développent des manières nouvelles et innovantes de diffusion de la connaissance. La loi est d'accord, c'est pourquoi Lexis et Westlaw ont été autorisés à fleurir. Et s'il n'y a rien de mal à vendre le domaine public, alors il ne pourrait y avoir rien de mal, en principe, à vendre l'accès à du contenu qui n'est pas dans le domaine public.
Mais que se passe-t-il si la seule manière d'obtenir l'accès à des données sociales et scientifiques est à travers des services propriétaires? Que se passe-t-il si personne n'a la possibilité de parcourir ces données excepté en payant un abonnement?
Comme beaucoup commencent à le remarquer, c'est de plus en plus la réalité des journaux scientifiques. Quand ces journaux étaient distribués sous forme de papier, les bibliothèques pouvaient rendre les journaux disponibles à quiconque avait accès à la bibliothèque. Ainsi, les patients atteints de cancer pouvaient devenir des experts en cancer parce que la bibliothèque leur en donnait accès. Ou bien les patients essayant de comprendre les risques d'un certain traitement pouvaient rechercher ces risques en lisant tous les articles disponibles sur ce traitement. Cette liberté était donc une fonction de l'institution des bibliothèques (les normes) et de la technologie du papier (l'architecture) - pour ainsi dire, il était trsè difficile de contrôler l'accès à un journal en papier.
Toutefois, alors que les journaux deviennent électroniques, les éditeurs exigent que les bibliothèques ne donnent pas l'accès public général aux journaux. Cela signifie que les libertés fournies par les journaux imprimés dans les bibliothèques publiques commencent à disparaitre. Ainsi, tout comme pour la vie privée et le logiciel, une technologie changeante et un marché réduisent une liberté prise pour acquise auparavant.
Cette liberté rétrécissante a mené de nombreuses personnes à prendre des mesures affirmatives pour restaurer la liberté qui a été perdue. La Public Library of Science (PLoS) (NdT: Bibliothèque Publique des sciences), par exemple, est une société à but non lucratif dédiée à rendre la recherche scientifique disponible à quiconque possédant une connexion à internet. Des auteurs d'ouvrages scientifique soumettent ces ouvrages à la Public Library of Science. Ces ouvrages sont ensuite soumis à revue. S'ils sont acceptés, ils sont alors déposés dans une aarchive publique électronique et rendus disponibles en permanence gratuitement. PLoS vend également une version imprimée de ses ouvrages, mais le copyright pour le journal imprimé n'inhibe pas le droit de quiconque de redistribuer gratuitement l'ouvrage.
C'est un des nombreux efforts pour restaurer une liberté prise pour acquise auparavant, mais maintenant menacée par une technologie changeante et les marchés. Il n'y a pas de doute que ces alternatives font compétition aux éditeurs traditionnels et à leurs efforts pour faire de l'argent à partir de la distribution exclusive de contenu. Mais la compétition dans notre tradition est supposée être une bonne chose - en particulier quand elle aide à diffuser la connaissance et la science.
Reconstruire la culture libre : une idée
La même stratégie pourrait être appliquée à la culture, en tant que réaction au contrôle croissant effectué à travers la loi et la technologie.
Arrive Creative Commons. Creative Commons est une société à but non lucratif fondée dans le Massachusetts, mais avec son siège à l'Université de Stanford. Son but est de construire une couche de copyright raisonnable par-dessus les extrèmes qui règnent actuellement. Elle le fait en rendant facile aux gens la réutilisation des oeuvres d'autres personnes. De simples étiquettes, liées à des descriptions humainement lisibles, liées à des licences pare-balles, rendent ceci possible.
Simples - ce qui signifie sans personne intermédiaire, ou sans avocat. En développant un ensemble libre de licences que les gens peuvent attacher à leur contenu, Creative Commons vise à marquer une étendue de contenu qui peut être facilement, et de manière fiable, réutilisé. Ces étiquettes sont ensuite liées à des versions de la licence lisibles par la machine qui permettent à des ordinateurs d'identifie automatiquement du contenu qui peut être facilement partagé. Ces trois expressions ensemble - une licence légale, une description humainement lisible et des étiquettes lisibles par une machine - constituent une licence Creative Commons. Une licence Creative Commons une garantie de liberté à quiconque qui accède à la licence, et de manière plus importante, une expression de l'idéal que la personne associée aux licences croit en quelque chose de différent que les extrêmes "Tous" ou "Aucun". Le contenu est marqué avec la marque CC, qui ne signifie pas que le copyright est abandonné, mais que certaines libertés sont données.
Ces libertés sont au-delà des libertés promises par l'usage loyal. Leurs contours précis dépendent des choix que fait le créateur. La créatrice peut choisir une licence qui permet n'importe quel usage, du moment que l'attribution est donnée. Elle peut choisir une licence qui permet seulement l'usage non commercial. Elle peut choisir une licence qui permet tout usage du moment que les mêmes libertés soient données aux autres usages ("partage et partage à l'identique"). Ou n'importe quel usage du moment qu'aucun usage dérivé n'est fait. Ou n'importe quel usage dans des pays en voie de développement. Ou n'importe quel usage d'échantillonnage, du moment que des copies complètes ne sont pas faites. Ou enfin, n'impore quel usage éducatif.
Ces choix établissent ainsi une étendue de libertés au-delà du forfait de la loi du copyright. Ils permettent ainsi des libertés qui vont au-delà de l'usage loyal traditionnel. Et de manière plus importante, ils expriment ces libertés de manière à ce que les utilisateurs ultérieurs puissent les utiliser et compter dessus sans avoir à embaucher un avocat. Creative Commosn vise ainsi à construire une couche de contenu, gouvernée par une couche de loi de copyright raisonnable, que d'autres peuvent réutiliser. Un choix volontaire d'individus et de créateurs rendra ce contenu disponible. Et ce contenu nous permettra en retour à reconstruire un domaine public.
C'est juste un projet parmi les nombreux de Creative Commons. Et bien sûr, Creative Commons n'est pas la seule organisation poursuivant de telles libertés. Mais l'argument qui distingue Creative Commons de nombreux est que nous ne somme pas seulement intéressés dans le fait de parler d'un domaine public ou de faire que les législateurs aident à construire un domaine public. Notre but est de construire un mouvement de consommateurs et de producteurs de contenu (les "conducteurs de contenu" comme les appelle l'avocat Mia Garlick) qui aident à construire le domaine public et, par leur travail, démontrent l'importance du domaine public pour les autres créativités.
Le but n'est pas de combattre les sortes de "Tous droits réservés". Le but est de les compléter. Les problèmes que la loi crée pour nous en tant que culture sont produits par des conséquences folles et involontaires de lois écrites il y a des siècles, appliquées à une technologie que seul Jefferson aurait pu imaginer. Les règles aurait bien pu avoir du sens dans un contexte de technologies d'il y a des siècles, mais elles n'ont pas de sens dans le contexte des technologies numériques. De nouvelles règles - avec des lbiertés différentes, exprimées de manière à ce que des humains sans avocats puissent les utiliser - sont requises. Creative Commons donne aux gens une manière de commencer efficacement à construire ces règles.
Pourquoi les créateurs participeraient-ils en renonçant à un contrôle total? Certains participent à une meilleure diffusion de leur contenu. Cory Doctory, par exemple, est un auteur de science-fiction. Sa première nouvelle, Down and Out in the Magic Kingdom, a été diffusée en ligne et gratuitement, sous une licence Creative Commons, le même jour que sa sortie en librairie.
Pourquoi un éditeur donnerait-il son accord pour cela? Je soupçonne que son éditeur a raisonné ainsi: il y a deux groupes de personnes: (1) ceux qui vont acheter le livre de Cory qu'il soit ou pas sur Internet et (2) ceux qui n'entendraient jamais parler du livre de Cory, s'il n'est pas rendu disponible gratuitement sur Internet. Une certaine partie des (1) téléchargera le livre de Cory au lieu de l'acheter. Appelez-les les mauvais-(1). Une certaine partie des (2) téléchargera le livre de Cory, l'aimera et décidera de l'acheter. Appelez-les les bons-(2). S'il y a plus de bons-(2) que de mauvais-(1), la stratégie de diffuser le livre de Cory gratuitement en ligne augmentera probablement les ventes du livre de Cory. Indeed, the experience of his publisher clearly supports that conclusion. The book's first printing was exhausted months before the publisher had expected. This first novel of a science fiction author was a total success.
L'idée que le contenu libre puisse augmenter la valeur du contenu non-libre a été confirmée par l'expérience d'un autre auteur. Peter Wayner, qui a écrit un livre sur le mouvement du logiciel libre intitulé Free dor All, a rendu une version électronique de ce livre gratuite sous une licence Creative Commons après que le livre est devenu en rupture d'impression. Il a ensuite surveillé les prix du livre dans des boutiques de livres d'occasion. Comme prédit, alors que le nombre de téléchargements augmentait, le prix de ce livre d'occasion augmentait, également.
Ce sont des exemples d'utilisations des Creative Commons pour mieux diffuser du contenu propriétaire. Je crois que c'est un usage merveilleux et commun des Commons. Il y en a d'autres qui utilisent les licences Creative Commons pour d'autres raisons. De nombreux qui utilisent la "sampling license" (NdT: licence d'échantillonnage) le font car quoi que ce soit d'autre serait hypocrite. La licence d'échantillonnage dit que les autres sont libres, dans des buts commerciaux ou non commerciaux, d'échantillonner du contenu de l'oeuvre sous licence; ils ne sont simplement pas libres de rendre disponibles à d'autres des copies complètes d'oeuvres. C'est cohérent avec leur propre art - eux aussi prennent des échantillons chez d'autres. Parce que les couts légaux de l'échantillonnage sont si élevés (Walter Leaphart, manager du groupe de rap Public Enemy, qui est né en échantillonnant la musique des autres, a affirmé qu'il ne permettait plus à Public Enemy d'échantillonner, parce que les couts légaux sont trop élevés2), ces artistes diffusent dans l'environnement créatif du contenu que les autres peuvent réutiliser, afin que cette forme de créativité puisse croitre.
Dans les six premiers mois de l'expérience Creative Commons, plus d'1 million d'objets furent placés sous ces licences de culture libre. L'étape suivante est des partenariats avec des fournisseurs de contenus intermédiaires pour les aider à incorporer dans leur technologie des manières simples pour que les utilisateurs marquent leur contenu avec des libertés Creative Commons. Puis l'étape suivante est d'observer et de célébrer les créateurs qui construisent du contenu en se basant sur du contenu libéré.
Ce sont les première étapes pour la reconstruction d'un domaine public. Ce ne sont pas de simples arguments; ce sont des actions. Construire un domaine public est la première étape pour montrer aux gens à quel point ce domaine est important pour la créativité et l'innovation. Creative Commons compte sur des actions volontaires pour réussir cette reconstruction. Elles mèneront à un monde dans lequel plus que des actions volontaires sont possibles.
Creative Commons est juste un exemple d'efforts volontaires de la part d'individus et de créateurs pour changer le mélange des droits qui gouvernent maintenant le champ créatif. Le projet n'est pas en compétition avec le copyright; il le complète. Son but n'est pas de vaincre les droits des auteurs, mais de rendre plus facile aux auteurs et aux créateurs l'exercice de leurs droits plus flexiblement et moins onéreusement. Cette différence, nous le croyons, permettra à la créativité de se répandre plus facilement.
1. Voir, par exemple, Marc Rotenberg, "Fair Information Practices and the Architecture of Privacy (What Larry Doesn't Get)," Stanford Technology Law Review 1 (2001): par. 6-18, disponible au lien #72 (description des exemples dans lesquels la technologie définit la politique de vie privée). Voir aussi Jeffrey Rosen, The Naked Crowd: Reclaiming Security and Freedom in an Anxious Age (New York: Random House, 2004) (cartographie des compromis entre la technologie et la vie privée).
2. Willful Infringement: A Report from the Front Lines of the Real Culture Wars (2003), produit par Jed Horovitz, réalisé par Greg Hittelman, une production Fiat Lucre, disponible au lien #72.
