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Chanson des Vaudois
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Il nous fallait des fusils :
vite, on a été les prendre ;
l’ouvrier sans son outil
Ferait mieux d’aller se pendre.
On nous a dit : « La frontière,
ça n’est pas assez marqué,
faites y un mur de pierre,
cimenté, recimenté. »
Faites-y une muraille,
où il n’y ait pas de trou... »
Dites-m’en une qui vaille
Celle de ceux de chez nous.
Cent mille hommes, deux cent mille,
trois cent mille, s’il le faut,
un joli mur de poitrines :
des poitrines, pas de dos.
Blanc ? présent, Belet ? de même,
et Belet qui touche Blanc,
ça vous fermé la plaine,
du levant jusqu’au couchant.
Et, derrière, la montagne,
mais y en a-t-il besoin ?
Après Belet vient Chavannes
et plus loin vient Parmelin.
Et tous se sentent les coudes,
et, quand le cœur bat à un,
chez très tous le cœur leur bouge,
ayant mille cœurs chacun.
Alouette, monte vite
voir si l’ennemi viendrait ;
nous, on a bourré nos pipes,
c’est vous dire qu’on est prêts.
- *
- *
Et on écrira à celles
qui restent à la maison ;
Faites-vous seulement belles
pour le retour des garçons.
- *
- *
Pleurer, ça fait les yeux rouges,
les garçons seraient déçus ;
gardez-nous des joues bien douces,
qu’on mette un baiser dessus.
- *
- *
Qu’on vous trouve toutes prêtes
et sentant bon le savon ;
et on dera une fête
qui tiendra tout le canton.
